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Le 28 AVRIL 2011 CONFERENCE DE SEBASTIEN MAROT

"Palimpsestuous Ithaca : Un manifeste relatif du sub-urbanisme"

Conférence le jeudi 28 avril 2011à 18 heures 30
à L’Académie d’Architecture
 
Sébastien MAROT
Philosophe
Prix de la recherche et de la thèse de doctorat en architecture 2009
Présentera sa thèse
 
   "Palimpsestuous Ithaca : Un manifeste relatif du sub-urbanisme"
Thèse de doctorat sous la direction de Jean-Louis COHEN , Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Histoire des civilisations), Juillet 2008
 
 
En 1978,Rem Koolhaas publie Delirious New York, A Rétroactive Manifesto for Manhattan, chef d’oeuvre à la fois théorique et poétique que l’on peut considérer comme le manifeste du sur-ou du super-urbanisme contemporain, une poétique de projet qui entend inventer le site à partir du programme.L’ambition de cette thèse est d’illustrer théoriquement la poétique opposée du sub-urbanisme (le site invente le programme) en se présentant comme la laudatio urbis d’une île-en-terre (la petite ville d’Ithaca, siège de l’Université de Cornell, située au coeur rural de l’État de New York) qui est l’inverse géographique de Manhattan (lac / île).Une ruse de l’histoire veut en effet que cette petite ville ait été fondée par l’auteur de la grille de Manhattan (le géographe Simeon DeWitt), et que Koolhaas s’y soit installé en 1972 pour commencer à ourdir sa légende manhattanienne.
En surexploitant ce détail, Sébastien Marot suggérer que le sur-urbanisme n’est qu’un moment du sub-urbanisme.
La première partie est une thèse géographique, destinée à planter le décor du paysage vertical d’Ithaca, et qui est notamment consacrée aux trois fondateurs de l’université que furent EzraCornell (uningénieur autodidacte), Andrew Dickson White (un amateur d’architecture) et Liberty Hyde Bailey (un extraordinaire botaniste et ruraliste aujourd’hui considéré comme l’un des pères du pragmatisme environnemental américain).
La seconde partie est une antithèse urbanistique qui s’attache à suivre les trajectoires respectives de trois architectes européens (ColinRowe, Oswald Mathias Ungers et Rem Koolhaas) jusqu’au moment où ils vinrent chacun échafauder à Ithaca les intrigues théoriques de trois manifestes situés qu’il faut bien ranger aujourd’hui parmi les plus significatifs de la fin du XXe siècle. Le but de cette généalogie comparée de Collage City, Berlin as a Green Archipelago et Délirious New York, tous trois publiés en 1978, est d’y repérer les ingrédients d’un manifeste relatif du sub-urbanisme qui choisirait de situer son intrigue dans le paysage même qu’ils survolèrent pour aller rêver l’un de Rome, l’autre de Berlin...et le troisième de Manhattan.
La troisième partie, enfin, est une synthèse poétique consacrée à quelques grandes figures de l’art et de la littérature qui trouvèrent chacune leur passage Nord-Ouest dans le "pays de Cornell" : l’earth artist Robert Smithson (dont l’œuvre atteint sa maturité à Ithaca), I ’anarchitecte  Gordon Matta-Clark ( qui fut le meilleur étudiant que Colin Rowe ait jamais eu à Cornell),et Vladimir Nabokov (qui s’inspira d’Ithaca pour créer l’un des hyper paysages les plus fascinants de la littérature contemporaine).
En somme, l’intention de ce travail peut être résumée par le mot énigmatique de Fitzcarraldo dans le film éponyme de WernerHerzog : "1 am planning something geographical."